1989-2009 : 20 ans de rencontres et d’échanges
Bilan et perspectives
Lucienne Cornu, Professeur émérite des Universités, Président fondateur du RCMFM

 

Il ne s’agit pas ici de développer de manière exhaustive les activités du Réseau des Centres Méditerranéens de Formation Multimédia (RCMFM) au cours de ces vingt dernières années, activités qui, loin de se limiter aux Forums et Assemblées Générales annuels, comprennent celles de chacun de ses membres dans leur domaine respectif. L’écho de ces dernières constitue l’essentiel de cette publication. Ce texte ne respectera donc pas obligatoirement la chronologie des événements évoqués.
Il ne retracera pas non plus l’histoire linéaire des activités du Réseau depuis
sa création.

Historique et Perspectives

Contexte de la Création
L’histoire de la création du RCMFM est étroitement liée à celle de l’École de Journalisme que j’ai été amenée à créer en 1982 à la demande du Président de l’Université d’Aix Marseille ( devenue Université de la Méditerranée et à nouveau depuis 2012 Université Aix Marseille ), le Professeur Georges Serratrice. Le 22 novembre 1982 le « Centre Transméditerranéen de la Communication (CTMC) » future École de Journalisme et de Communication de Marseille (EJCM) était inauguré en présence de Gaston Deferre. On peut remarquer, au passage, les qualificatifs de Transméditerranéen et de Communication assez inédits dans le contexte de l’époque, mais une école située à Marseille ne pouvait qu’être ouverte sur la Mer Méditerranée. Cette création comblait le vide consécutif à l’absence de ce type d’Institution dans le Sud Est de la France. C’est la raison pour laquelle cette initiative a été soutenue par les médias régionaux et a attiré l’attention du Bureau du Journalisme du Ministère des Affaires Étrangères, intéressé par l’ouverture offerte vers les Institutions des rives Nord et Sud de la Méditerranée. Très rapidement elle allait aussi attirer celle du Ministère de la Coopération soucieux de développer la Francophonie.
Dans ce contexte, j’ai été amenée à accomplir de nombreuses missions auprès des écoles de journalisme dans de nombreux pays, notamment dans ceux de la ceinture méditerranéenne. Universitaire, je connaissais peu, alors, les modalités de formation au métier de journaliste, un peu mieux celles de la communication. La fréquence de mes contacts avec les directeurs et les formateurs de ces écoles m’a permis de constater, qu’au-delà des différentes approches spécifiques, dues à l’identité culturelle du pays concerné, il y avait à la base des formations une plate-forme commune incontournable. Cette unité dans la diversité fit émerger l’idée de réunir les écoles du pourtour méditerranéen dans un réseau, dans le but de mutualiser leurs expériences et leurs formations. Ce projet reçut l’agrément du Ministère des Affaires Étrangères qui attribua au CTMC une subvention pour lui permettre d’organiser à Marseille un séminaire de réflexion sur sa faisabilité.

Les 20 et 21 octobre 1989 se retrouvaient, au CTMC, les responsables d’Institutions d’Algérie, d’Égypte, d’Espagne, du Liban, du Maroc, du Portugal (pays situé sur la façade atlantique mais de culture latine) et de Tunisie. Pendant deux jours, ces responsables universitaires et professionnels des médias vont réfléchir ensemble sur l’organisation pédagogique de la formation, les perspectives de développement de la profession, et la planification des modalités d’échanges d’étudiants et d’enseignants. À la fin de la rencontre la création du Réseau des Centres Méditerranéens de Formation Multimédia était votée à l’unanimité sous forme d’Association Loi 1901

De 1989 à 2009: Quelques étapes au cours de la route.
Le premier colloque s’est tenu à l’école de journalisme de Porto (Portugal) avenue Boavista, à l’invitation du Professeur Salvato Trigo les 13 et 14 octobre 1990, sur le thème «Quelle formation pour les journalistes». Au cours des trois années suivantes les thèmes des colloques (Palma -Baléares ; Marseille-France ; Valence-Espagne) ont principalement abordé les aspects pédagogiques et professionnels de la formation aux métiers du Journalisme, les membres échangeant leurs expériences, leurs projets et leurs besoins par rapport à la situation des médias dans leur environnement respectif. De ce fait il a été possible de réaliser un «état des lieux» permettant de nous situer les uns les autres et d’envisager la mise en place de projets communs. Des bulletins de liaisons tels «Rive Sud», des lettres d’information comme, par exemple, «Tunis-Marseille» rédigés par des étudiants des deux rives ont circulé à travers le Réseau.
Dans le même temps, les missions programmées par le Ministère des Affaires Étrangères et celui de la Coopération se sont poursuivies, dans le but d’établir une coordination opérationnelle visant essentiellement la coopération internationale, et plus particulièrement méditerranéenne. Elles ont permis de créer des liens non seulement avec les Institutions mais aussi avec les médias intervenant, ou non, dans leur cursus de formation. Les destinations, très diverses étaient fonction des accords passés et/ou souhaités par les ministères et de l’actualité du moment. Elles nous ont souvent conduit bien au-delà de la Méditerranée : Italie, Espagne, Portugal, Maghreb, Grèce… et du Continent africain : Sénégal, Cameroun, Burkina-Faso, ou encore Gabon, vers des destinations parfois inattendues mais toujours enrichissantes comme, par exemple, le Canada ou le Laos. Dans ce cas précis la mission avait pour objet d’identifier les perspectives de coopération franco-laotienne dans le domaine de la formation des journalistes.

Après la chute du Mur de Berlin les destinations vers les pays de l’Est ont été privilégiées : Arménie, Moldavie et Roumanie. Les coopérations avec cette dernière sont aujourd’hui institutionnalisées avec l’Université de Nice (France) sous la responsabilité de Nicolas Pélissier, Maître de Conférences

En novembre 1992 l’EJCM célèbre son Xe anniversaire en présence de personnalités internationales, nationales et régionales autour de Jack Lang alors Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Communication, avec la participation active de l’ensemble des membres du Réseau. À cette occasion le Professeur JM Tornero, de l’Université Autonome de Barcelone (Espagne), Président en exercice du Réseau, est promu Docteur Honoris Causa de l’Université d’Aix Marseille II. En 2006, ce sera au tour du Professeur S.Trigo Recteur de l’Université Fernando Pessoa, Porto (Portugal) et membre co-fondateur du Réseau, d’être élevé à cette dignité en devenant Docteur Honoris Causa de l’Université du Sud Toulon Var (USTV- siège du Réseau), lors du Forum associé aux Premières Journées Scientifiques Euro-Méditerranéennes organisées par l’USTV.

Dès 1992 des échanges d’étudiants ont été mis en place, les premiers ont concerné l’EJCM et l’IPSI, ils ont été suivis de bien d’autres impliquant des étudiants et des enseignants de l’ensemble des Institutions partenaires

A partir de 1994 la participation et/ou, l’organisation de rencontres internationales tels le Colloque International sur «La Formation aux métiers de la Communication» organisé par l’Institut de Presse et des Sciences de l’Information ( Tunis ), celui sur «Ethique et Médias» à l’EJCM ( Marseille ) ou encore la rencontre internationale «Multimédia Interactifs et Culture en Europe» à Madrid ( Espagne ) se sont multipliées.

Le Colloque de 1995 programmé à Valence (Espagne) sur le questionnement «Communication et Environnement en Méditerranée» sera une étape importante car, on s’en rend compte avec le recul, il s’inscrivait dans la mouvance des projets de l’UNESCO qui devaient se concrétiser en mai 2000 par le Forum International «Valldigna Seu de la Mediterrania». Au terme de la rencontre «Santa Maria de la Valldigna» était déclarée officiellement «Siège de l’UNESCO» pour les projets du Conseil Méditerranéen de la Culture (CMC) au sein du Programme Méditerranée. Or, au cours de notre colloque à Valence il était prévu de mener une réflexion sur les perspectives d’évolution des rapports dans l’espace délimité par la Mer Méditerranée, non pas en tant que référence géographique, mais pour sa signification comme origine de cultures qui, bien que différentes, partagent un héritage commun, et dont les phénomènes politiques ou sociaux culturels de chaque pays riverain sont en constante interaction.
Présent à l’inauguration du «Forum Valldigna» le RCMFM participera régulièrement à ces manifestations, indépendamment de son Forum annuel.

La mise en place du Programme Européen Med-Média va être le départ d’un autre type de coopération. Sollicités par le Président du Réseau Euro-Maghrébin de Formation aux Métiers de la Communication (REMFOC lui-même membre du RCMFM), nous l’avons aidé dans ses démarches pour obtenir le budget nécessaire à la mise en place de stages destinés au perfectionnement de jeunes journalistes maghrébins stages qui se sont déroulés à Marseille jusqu’à la fin du contrat À cette occasion nos liens avec l’Association Européenne des Formations au Journalisme (EJTA) ont permis de susciter la rencontre, pendant une semaine, d’une vingtaine de jeunes journalistes d’Institutions de l’Europe du Nord (Angleterre, Suède, Allemagne, Italie) et de la rive Sud de la Mer Méditerranée. Cette initiative avait pour but de permettre aux stagiaires de comparer et de mieux appréhender les visions et approches les de leur métier au sein de cultures très éloignées. Si l’expérience relevait essentiellement du domaine professionnel, elle a aussi été source d’enrichissement personnel. De retour dans son Journal, sa station de Radio ou de Télévision chacun avait non seulement enrichi son carnet d’adresses mais aussi changé son regard sur «l’autre».

Les différentes actions du Réseau, centrées sur la Méditerranée et les nombreuses retombées positives de celles-ci, au point de vue technique et professionnel ; les rencontres destinées à mieux cerner les différences culturelles afin qu’elles deviennent source d’enrichissement et non de division ; la participation et/ou l’organisation de colloques scientifiques sur des thèmes de réflexion communs s’inscrivaient tout naturellement dans les objectifs du Programme Méditerranéen de l’UNESCO. C’est au titre de ce Programme que le Réseau sera labellisé par l’UNESCO le 1er janvier 2001

Dix ans après sa création, enrichi de ses expériences successives, le Réseau va formaliser davantage ses rencontres annuelles. Le colloque annuel va laisser la place à un Forum mieux structuré, axé sur des activités de recherche dans les domaines professionnel et scientifique : le Forum «Communiquer et Entreprendre en Méditerranée». La première manifestation aura lieu à Marseille (janvier 1999), elle était réalisée en partenariat avec la Commission Européenne, la Ville de Marseille et le Centre de Recherche et de Rétrospective de Marseille (CRRM) dont le directeur, le professeur Henri Dou, était le Président en exercice du Réseau. Cette formule perdure aujourd’hui, mais l’adhésion d’Institutions éloignées de la Méditerranée, de culture latine (Brésil) ou francophone (Canada), ou de domaines de recherches similaires des nôtres, devrait peut-être, à l’avenir, limiter son titre à «Communiquer et Entreprendre». Ceci paraît d’autant plus souhaitable que le Réseau, à l’heure de la mutualisation des ressources pédagogiques et scientifiques dues à la Mondialisation, désire associer à ses projets, à l’échelon international, des Institutions, Associations et/ou chercheurs intéressés par sa démarche. Cela a commencé a se concrétiser en 2009, par une convention avec l’Université Internationale du Multimédia qui, bien que son siège soit au Canada, comprend des membres de nationalités très diverses allant du Maghreb à la Chine.

Cette question n’est d’ailleurs pas nouvelle, elle s’était déjà posée en 199I au moment où l’élargissement du Réseau a des universités non riveraines de la Mer Méditerranée a été envisagé pour la première fois.

Les discussions sur l’opportunité de garder le qualificatif «méditerranéen», adopté pour qualifier le Réseau à sa naissance ont commencé à Porto et se sont poursuivies à Marseille lorsque s’est posée la question de coopérer avec des universités brésiliennes. Il est apparu que, dans le contexte de notre Association, ce terme était moins un référent géographique, qu’une signification étroitement liée à la mer Méditerranée en tant que «Mare Nostrum» considérée comme berceau et carrefour de civilisations et de cultures. Au cours de l’Histoire ces dernières se sont répandues dans d’autres continents, notamment en Amérique du Sud, aussi nommée Amérique latine à cause de son héritage linguistique et culturel qui lui confère son caractère de «Méditerranéité’ ».

Accepté cet élargissement du concept proposé par le Prof. S. Trigo, le Réseau a travaillé à une autre échelle institutionnelle, en attirant des professionnels et des chercheurs en Information et Communication multimédia de pays tels que le Brésil.

Le rapport du Réseau avec le Brésil a vraiment commencé en 1991 avec l’invitation au CTMC/École de Journalisme de Marseille de participer au Projet Brésil créé par l’Université Fernando Pessoa (Porto) en association avec l’Université Luthérienne du Brésil (ULBRA), à Canoas, dans l’État du Rio Grande do Sul. Ce projet, sorte d’école doctorale internationale, dont le but était la qualification d’enseignants brésiliens appartenant en majorité à des Universités privées, au niveau doctoral, s’est étendu sur une décade, jusqu’à l’an 2000. Y ont participé plusieurs universités européennes dont l’Université de la Méditerranée (Marseille), l’Université de Limoges, l’Université de Barcelone, l’Université de Saint Jacques de Compostelle, l’Université Autonome de Barcelone, l’Université de Léon, l’Université des Îles Baléares et d’autres encore en fonction de la spécialité doctorale envisagée.

Suite à ce projet réalisé dans le cadre culturellement et scientifiquement élargi du Réseau, de nombreux mémoires de DEA et six thèses de Doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication ont été soutenues (dont trois à Marseille),ont adhéré au Réseau l’Université de Caxias do Sul (Brésil) et celle d’ULBRA. La première est un membre très actif qui a déjà organisé un de nos forums et prépare l’organisation d’un second en octobre prochain (2009) dans le cadre du vingtième anniversaire du Réseau, en liaison avec l’organisation des manifestations officielles qui se dérouleront à l’Université Fernando Pessoa à Porto le mois suivant.

Cette implantation du Réseau au Brésil nous a amenés à nous associer à la création du Réseau SABIÁ, Association d’universités internationales, fondée par l’Université Fernando Pessoa, à Porto, dont l’Université Fédérale du Rio de Janeiro, l’Université de São Paulo, l’ULBRA (situées au Brésil), l’Université de Saint Jacques de Compostelle (Espagne) sont aussi membres fondateurs. Ses objectifs sont essentiellement de promouvoir les échanges de chercheurs, d’étudiants de troisième cycle et la co-tutelle en formation doctorale.

La présence de partenaires du Réseau au Brésil, pays de langue portugaise au sein de l’Amérique du Sud et dont nous avons évoqué les racines latines doit s’étendre aujourd’hui aux pays de langue espagnole de ce continent où existe également une immigration historique de peuples originaires des deux rives de la Mer Méditerranée. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du dialogue des civilisations, souci contemporain que le Réseau ne peut ignorer.et l’orientation de nos activités doit s’inscrire dans le contexte de la mondialisation : l’’irruption des technologies numériques au cours de ces dernières décennies ainsi que les progrès fulgurants du multimédia ont amené le Réseau à élargir les limites géographiques de ses partenariats, au-delà des pays riverains de la Mer Méditerranée, en premier lieu aux continents partageant le même héritage culturel, puis, à travers la mondialisation, à l’échelon international, aux entités scientifiques intéressées par sa démarche.

Proposition de Feuille de route pour les dix ans à venir
Selon le Professeur J.M.Gironès, cofondateur et Vice Président du RCMFM :
«le Réseau a su maintenir intactes ses capacités de combiner de manière fructueuse, trois qualités essentielles qui le définissent : l’anticipation, une grande acuité de perception sur l’articulation du global et du local sur la Méditerranée, les NTIC comme attributs naturels de sa fondation»
Il ajoute que :
«du point de vue de l’UNESCO, dont il est le secrétaire général à Valencia (Espagne), la culture et la solidarité sont les chemins les plus directs vers la paix : tous les deux sont dans l’actualité des «chemins multimédia». Aucune région du globe mieux que la Méditerranée – berceau de l’Europe, façade de l’Asie et espérance de l’Afrique – ne peut générer par ses efforts les plus grandes retombées en matière de progrès»

L’irruption des technologies numériques au cours de ces dernières décennies ont profondément modifié le paysage international. La mondialisation, même si elle a suscité des réflexes identitaires au sein de pays soucieux de préserver les valeurs fondatrices de leur patrimoine socioculturel, n’en a pas moins rendu virtuelles, à travers le Web, les frontières naturelles structurant le monde jusqu’à «la révolution Internet»
L’incidence de ce bouleversement sur les valeurs de l’Information et de la Communication, objet de nos réflexions et de nos échanges, tant sur le plan pédagogique que scientifique et socioculturel, a inévitablement interféré sur nos perspectives de développement

Repenser la formation des journalistes et des communicants
Le premier colloque du Réseau, en1990 posait la question «Quelle formation pour les journalistes ?» Aujourd’hui, deux réponses complémentaires doivent être privilégiées, la question de la formation au journalisme et à la communication dans ce contexte de mondialisation, nous paraissant d’une incontestable actualité. Il devient essentiel : :

d’ étudier les possibilités offertes par les nouvelles technologies par exemple : les outils de communication multilingues : traducteurs, dictionnaires, transcription de la voix, les outils issus du WEB 2.0 et + qui permettent de recueillir des informations en langues étrangères avec retraduction dans sa propre langue,… Le nouveau statut de la vidéo. qui devient un support de communication au même titre que les outils du type PowerPoint développés dans les années antérieures : problèmes de réalisation, de format, de scénario pour l’enseignement, de clip informatif… L’introduction de ce média de manière intensive dans l’enseignement devient un enjeu vital.

d’utiliser ces technologies en tant que moyens de production de contenu et non seulement comme supports de diffusion, quelle que soit d’ailleurs la nature du message transmis :
Il nous paraît essentiel de contribuer à retrouver la valeur du contenu de l’Information et de la Communication face à l’atomisation des données véhiculées dans ces domaines par des supports, chaque jour plus performants, donc compétitifs sur le plan de la vitesse de transmission. Ces contenus ne se limitent plus aujourd’hui aux médias traditionnels mais concernent, l’ensemble de l’e-information diffusée à travers les multiples sites Internet, les blogs ou des formules type «YouTube» ou «Twitter» visant à socialiser la communication.
Il est aussi évident, que l’impact des systèmes modernes de diffusion de l’information pose le problème de la qualité de l’information, de la validation des sources, ceci pour ne pas simplement participer au brouhaha ambiant : celui de la reprise d’informations peu fiables et déjà diffusées de multiples fois. Le rôle du journaliste n’est plus dans l’événementiel (les blogs, twitter, face book et autres s’en chargent), mais dans une approche plus critique et plus raisonnée.
Valoriser le contenu pose inévitablement le problème de l’éthique et de sa place particulière dans les domaines de l’Information et de la Communication : la fausse information permet toutes les manipulations ; le meilleur moyen de l’éviter est de promulguer une éthique forte qui mettra au banc des «accusés» ceux qui, volontairement, par naïveté, par bêtise ou par recherche du scoop, font état d’informations erronées. De même, au niveau général, les TTP (Tierce Third Party) ou tiers de confiance sont à développer. En effet la décision politique ne peut être valable que si les informations sur laquelle elle repose sont admises par tous. Ceci est un véritable enjeu. Nos études portant sur les particularités de l’ espace euro méditerranéen doivent, aujourd‘hui, tenir compte du développement de cette nouvelle réalité :

l’onde de choc que traversent nos partenaires du monde arabe vient de bouleverser et remettre en question la teneur de nos échanges et nos perspectives de recherches. Au forum sur la responsabilité sociale des médias qui nous a réunis en novembre 2010 à Rabat un des ateliers portait sur les valeurs communes aux pays de l’espace euro-méditerranéen, un sujet aujourd’hui aux rebondissements inattendus qui ouvre de nouvelles perspectives de recherches sur les thématiques du changement de l’usage et du rôle des nouvelles technologies et des réseaux sociaux dans les domaines politiques et socioculturels
AFFIRMER ET ELARGIR NOS ACTIVITES TRANSMEDITERRANEENNES

labellisées par le «Programme Méditerranée» de l’UNESCO et légitimées vingt ans après par le projet du Président de la République sur «l’Union pour la Méditerranée»
Le devenir du réseau et ses choix à venir s’inscrivent, aujourd’hui, dans le contexte international et euroméditerranéen d’un monde nouveau, fruit de l’évolution exponentielle et de l’environnement scientifique et socio-technologique des TIC et de la mondialisation. DDANS L’ESPACE ETDE L’EN
Dans l’espace méditerranéen et latin, où notre réseau intervient dans les domaines de la science de l’information et de la communication, se manifestent depuis quelques années un certain nombre de mouvements sociaux et de manifestations politiques, que dont nous devons intégrer les modèles du post colonialisme et du post modernisme. Mais pour les analyser et les comprendre, il faut connaître les langages qui médiatisent les discours qui nous parviennent de toutes parts et de plusieurs sources. Connaître les langages cela implique de décoder les concepts, le style, la rhétorique, le temps d’énonciation et le contexte de l’énonce. Ceci nous a amenés à nous poser le bien fondé de la dénomination du réseau au regard de sa nécessaire adéquation avec l’orientation de nos projets de recherche ; le terme multimédia n’a plus, aujourd’hui le caractère prémonitoire qu’il possédait en 1989 et ne correspond pas d’avantage à des activités qui ont évoluées de manière proactive, restant en phase avec l’environnement scientifique et socio-technologique.
Ces considérations ont entrainé une modification du titre du Réseau reflétant cette évolution en fonction des contextes successifs et traduisant plus fidèlement l’orientation actuelle de nos activités , Dans cette optique « le Réseau des Centres Méditerranéens de Formation Multimédia» et devenu le «Réseau Méditerranéen d’Etudes et de Recherches», axé sur l’approche scientifique des relations Méditerranée, TIC et Inter-culturalité
Notre projet de recherche est l’étude comparative de l’évolution de concepts utilisés dans les médias des espaces méditerranéen et latin qui permette d’en améliorer la connaissance et la compréhension., au même titre que la réflexion sur le dialogue des civilisations facteur essentiel d’une paix durable dans le monde
Dans ce but nous avons été amenés a concevoir le projet de la réalisation d’un « thesaurus » de termes communément utilisés en information et communication, par les populations riveraines de ces espaces et dont la différence d’interprétation peut générer, dans certains cas, une entropie préjudiciable au dialogue interculturel et une difficulté de compréhension mutuelle car la plupart du temps basée sur d’autres cadres culturels entrainant une interprétation spécifique.

Améliorer la communication externe pour une meilleure visibilité et élargir l’ouverture internationale
L’étude de ces contenus, simple diffusion ou partage de réflexions pédagogiques, scientifiques ou socioprofessionnelles, doit être, aujourd’hui, partagée par l’ensemble des réseaux internationaux impliqués dans de multiples coopérations avec le RCMFM. L’époque actuelle est celle de la mondialisation avec, comme résultante, un brassage de plus en plus grand des cultures, du commerce, le tout associé à une compétitivité accrue, dans des limites encore inconnues à ce jour.

En même temps les progrès des technologies de base permettent à des pays émergents de maintenir un taux de croissance élevé (avec ou sans l’aide de matières premières). L’époque actuelle est celle de la mondialisation avec, comme résultante, un brassage de plus en plus grand des cultures, du commerce, le tout associé à une compétitivité accrue, dans des limites encore inconnues à ce jour.

Le caractère informel des informations sur les activités des Institutions composant le Réseau a longtemps occulté, inévitablement, leur lisibilité, améliorée depuis par la création d’un site Internet : http://rcmfm.univ-tln.fr mais limitée par le manque d’une structure appropriée à mettre en place une large diffusion. Cette possibilité nous est offerte aujourd’hui par le Professeur S.Trigo, qui propose de la faire assurer par le Centre d’Études en Communication (CEC) et celui spécialisé en Informatique et Ciberlittérature (CETIC) de l’Université Fernando Pessoa,
Il est prévu l’édition d’une revue multilingue (en langues latines avec résumés en français, portugais et anglais) en versions numérique et papier qui présentera les travaux scientifiques individuels et/ou collectifs réalisés au sein du Réseau, et à plus long terme une Revue internationale sur les études et essais relatifs aux nouvelles galaxies de l’Information et de la Communication
Ces publications seront largement accessibles aux étudiants en Sciences de l’Information et de la Communication, en Sciences Politiques et à tous ceux qui s’intéressent au développement des relations internationales

Dans un contexte de concurrence et de complexité croissante, cette initiative permettra de créer les liens interculturels, essentiels non seulement pour le développement des recherches mais aussi pour une mutuelle reconnaissance et la réalisation de collaborations efficaces au plan international.